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Adrien Jannel, l’explorateur des temps modernes

Photo du rédacteur: yves dogué
yves dogué
il y a 7 heures
8 min de lecture

PORTRAIT


Le petit garçon de Neufchâteau dans les Vosges est devenu un homme influent du monde de l'entreprise. Également fan de sport, il a uni ses passions et exploré des domaines aussi différents que la formation ou la cybersécurité. Son groupe ARJAN, basé à Reims, rayonne aujourd’hui sur plusieurs régions grâce à des intervenants de haut niveau. Une visite dans le passé d’Adrien Jannel explique ses réussites actuelles et à venir.

 


ADRIEN JANNEL est un homme discret. Discret mais débordant d’idées. Discret au point de laisser la lumière et les honneurs de ses projets les plus fous envelopper les épaules de ses associés et collaborateurs. Éviter d’occuper le devant de la scène, des scènes devrions-nous dire, est un exercice qu’il maîtrise à la perfection. Oui, Adrien Jannel est un touche-à-tout – discret – qui s’est construit, qui a construit, (presque) tout seul, un groupe proposant formations sur mesure, réseau sport-business, événementiel, cybersécurité, etc.


Le décor ainsi planté, reste à savoir où, comment, pourquoi, pour qui le groupe ARJAN est sorti de l’imagination d’Adrien Jannel il y a bientôt dix ans. Pour essayer de répondre à ces questions, rien de mieux qu’une halte dans un des divans trônant dans les locaux du Campus Effor à Reims pour passer au crible et analyser ses souvenirs d’enfance.


« Quand je fais quelque chose, je le fais à fond  »


Ses parents étaient fromagers dans le petit village d’Illoud, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Chaumont, un lieu connu pour avoir donné la vie et du caractère... au Caprice des Dieux. Tout sauf anodin. Ce fromage à pâte fleurie, farouchement crémeux, possède la particularité d’être délicieusement riche en vitamines. Sûr qu’Adrien a dégusté plus souvent qu’à son tour cette star culinaire d’Illoud. La vitamine A a développé sa vision (à long terme), la B2 l’a alimenté en énergie, la B12 a boosté le fonctionnement de son système nerveux et la formation de globules rouges.


Voilà pourquoi « Monsieur trois idées, au moins, à la minute » ne manque jamais d’imagination, possède une énergie dévorante et une volonté au-dessus de la moyenne. Mais, cet ADN sur-vitaminé n’explique pas tout. Encore a-t-il fallu qu’un élément déclencheur vienne mettre le feu aux poudres. En fait, il y a eu deux déclics. « J‘ai eu beaucoup de soucis médicaux très jeune, puise-t-il dans sa mémoire. Cela m’a fait regarder la vie par un autre prisme. » Il a donc adopté l’adage « la vie te donne des coups, à toi de te relever ». Les épreuves n’avaient plus qu’à bien se tenir. « A 10 ans, un grave accident de vélo m’a défiguré. » Deuxième choc, deuxième déclic !


Avec la bénédiction de ses parents


Et comme si la sorcière Malchance n’avait pas jeté assez de mauvais sorts sur le petit Adrien, le capitaine de l’équipe de jeunes de foot de Bourmont (le petit Adrien en question) fut frappé par une injustice sous forme d’un carton rouge. Sa réaction fut immédiate. Il en voulut à la planète-arbitres tout entière. « Vous allez voir de quel bois je me chauffe », dut-il maugréer tout en torturant son PC pour lui faire avouer quels étaient les lieux proposant une formation d’homme en noir.


« J’ai vu qu’il n’y avait que deux écoles d’arbitrage en France. A Auxerre et à Avranches. Quand je fais quelque chose, je le fais à fond. » Le voilà donc en Bourgogne, avec la bénédiction et le soutien de ses parents, après s’être adjugé l’une des trois places proposées à la convoitise des apprentis directeurs de jeu.


« J'ai une personnalité clivante, on aime ou on n'aime pas »


Les fondations de l’univers Adjan (pour Adrien Jannel) sont donc presque posées. Le sport l’a séduit et va rapidement accueillir l’autre de ses rêves d’ado. L’entrepreneuriat. A 18 ans, il a le monde devant lui. Le 09/09/09 - il s’en souvient comme si c’était hier - « nous étions autour d’un barbec avec plusieurs amis. On s’est dit « et si on créait et montait un projet ? ». L’histoire d’amour entre Adrien et le monde des affaires venait de naître. Les Jeun’s, une association XXL, a vécu de bons et de moins bons moments.  Surtout des bons. « Des projets comme « Les enfants du Togo » ont animé notre village (poker, loto...). Et très vite, on a créé une équipe de sport. » 


Les Jeun’s du handball de Bourmont – la plus petite ville de France a-t-on coutume d’affirmer – ont alors froissé les codes des instances régionales, bousculé les habitudes. L’ossature de ce groupe - constituée de trois... Roumaines – a affolé le championnat champardennais. « Un truc de dingue, avoue-t-il un brin nostalgique et fier de son pied-de-nez au sportivement correct. J’ai toujours eu une personnalité clivante. On m’aime ou on ne m’aime pas, lance-t-il comme une provocation de plus. On a vite cerné les limites du bénévolat et de l’associatif. »


Fin de l’aventure Jeun’s pour Adrien et retour sur terre ou plus exactement sur les bancs des amphis d’HEC à Reims. Avec des souvenirs et des certitudes qu’il utilisera un peu plus tard. « Il faut tenter des choses. L’ennemi, c’est l’immobilisme. Les grands pontes des structures veulent garder leurs privilèges. Il faut rentrer dans leur moule. » Alors oui, on aime ou on n’aime pas cet homme-cyclone.


« Quand je n'apprends plus, je m'ennuie »

 

« Dans cette aventure, on a beaucoup échoué », reconnaît-il. Beaucoup appris également. S’il rend ses armes universitaires après sa prépa HEC, il ne laisse pas échapper le rebond que lui propose l’un des sponsors des Jeun’s. Le voilà « marchand de cheminées » sous la protection de Kairos. Le petit dieu ailé de l’opportunité lui conseille, lui intime même, de ne pas laisser passer sa chance. Aussi quand son boss des inserts le titille et lui conseille de créer sa boîte, il n’hésite pas. Le temps, son temps, est venu. « Quand je n’apprends plus, je m’ennuie. » Le feu de la cheminée s’éteint.


Alors pour ne pas sombrer dans l’ennui, il crée sa boîte. Pour aider les clubs et les entreprises. C’était il y a presque dix ans. « Mais, je ne comprenais rien à l’entrepreneuriat. » Qu’à cela ne tienne. « J’ai toujours appris avec quelqu’un. Cela a développé mon savoir du terrain. Sans me vanter, je flaire les opportunités. Quand je sens quelque chose, cela peut aller très vite. J’ai un odorat relié à mon cerveau reptilien. » Les pulsions professionnelles, ça le connaît...


Son histoire est belle. Il a vaincu les obstacles, a exploré et continue d’explorer de nombreux domaines. « Je suis monté très haut mais j’ai frôlé le redressement judiciaire », lâche-t-il. Aujourd’hui, Adjan est devenu un organisme de formation abritant des gens passionnés et passionnants, des experts dans leur domaine. « Mon univers est fondé sur ces principes. » 


De la casquette... aux casquettes


Le duo Jannel - Jammot sait attirer les experts, ici l'ancien gardien de l'équipe de France de handball Vincent Gérard.
Le duo Jannel - Jammot sait attirer les experts, ici l'ancien gardien de l'équipe de France de handball Vincent Gérard.

Christophe Jammot aurait pu ne pas faire partie de l’équipe de la première heure si... Heureusement, le hasard fait bien les choses. Dans le public nancéien de chefs d’entreprise assistant à la conférence animée par l’ancien rédacteur en chef d’Eurosport, Adrien Jannel écoutait et phosphorait plus vite que les paroles du journaliste. « À la fin de mon intervention, il est venu me voir et m’a dit « on va travailler ensemble, se souvient Christophe Jammot comme si c'était hier. Une semaine plus tard, il débarquait à Reims où j’habite. » Depuis dix ans ou presque, ils ne se quittent plus. « Ce que j’aime, c’est qu’il va au fond des choses. Il connaît les sujets qu’il développe. Mais, il ne se sert pas avant les autres. » Toujours sa discrétion...


« Prévoir c’est difficile, surtout quand cela concerne l’avenir », répétait à l’envi Pierre Dac, cet humoriste né à Châlons-sur-Marne. Adrien Jannel, lui, envisage l’avenir avec sérénité. Les 150 000 € de chiffre d’affaires des premières années sont loin. « On a fait des choix forts et on se projette sur un CA de dix millions pour 2030 », annonce-t-il sans forfanterie. 


La discrétion des premières lignes lui a fait abandonner la casquette qu’il avait adoptée « par manque de coiffeur » au moment de la pandémie du Covid. « On me reconnaissait à ça. » Pour la remplacer, il n’a pas cherché bien loin et a opté pour une collection de... casquettes. Entendez par là une multitude de domaines que son groupe développe : la formation, le sport, le business, les réseaux, la cybersécurité. « Je ne suis pas le meilleur manager mais je sais attirer les meilleurs », lâche-t-il pour expliquer ses réussites. 


« Il faut toujours croire en ses rêves »


Alors oui, on aime ou on n’aime pas le personnage ! Mais cela n’empêche pas cet explorateur des temps modernes – c’est ainsi que le dépeint Christophe Jammot - d’avancer toujours et toujours. « Le groupe ne fait que grandir », se félicite ce jeune homme d’affaires de 35 ans.


Onze sociétés, des usines de production, des locaux (1 000 m2 sur deux étages et un sous-sol, photo), une maison qui accueille des collaborateurs (il y a 40 salariés), une ambiance bouillonnante, une montée en compétences permanente... son quotidien est chronophage mais ne l’empêche pas de penser à ses collaborateurs. Son univers semble sans limites.


« Chez nous, il y a une obligation d’évoluer pour les salariés. Je leur dis toujours « Crois en tes rêves ». Je ressens beaucoup de plaisir quand je les vois réussir. »


Dans le mythique Beaublanc et sur le short de Limoges.
Dans le mythique Beaublanc et sur le short de Limoges.

Adrien a testé ce principe sur lui-même. A 5 ans, il rêvait de bosser à Monaco. « Aujourd’hui, je travaille avec le club de foot et avec la Principauté. » Plus tard, le CSP Limoges a rempli ses yeux d’étoiles. Il est l’un des sponsors du CSP.


Il a créé une passerelle avec le foot espagnol en envoyant des alternants en immersion à La Liga. Il a attiré les meilleurs experts à ses côtés : Frédéric Rogé ancien négociateur de crise du GIGN, le navigateur Yvan Bourgnon, les handballeurs Luka Karabatic et Joël Abati, la nageuse championne olympique Charlotte Bonnet, les journalistes Christophe Jammot et Nelson Montfort, le fleurettiste Brice Guyart... Bref, il rêve mais les pieds sur terre.



« Quand je serai grand, je serai... »


Avec Nikola et Luka Karabatic, dans le carré VIP du PSG.
Avec Nikola et Luka Karabatic, dans le carré VIP du PSG.

Et pas question de se reposer sur des lauriers aussi persistants soient-ils. Adrien Jannel continuera donc à avancer discrètement mais sûrement. « Mon rôle n’est pas d’être devant mais de protéger mes équipes, d’être comme un sélectionneur et d’appeler les meilleurs pour travailler et progresser ensemble. Mes erreurs m’ont fait grandir. Mais, je n’accepte pas de faire ou que l’on fasse deux fois les mêmes erreurs. »


Entrepreneur, explorateur, meneur, accélérateur mais surtout pas tapageur. De son cocon familial, il ne dit rien sauf : « J’ai une femme et deux enfants extraordinaires » qui, c’est sûr, ont hérité de l’ADN de leur papa. Bientôt, ils affirmeront haut et fort qu’ils savent ce qu’ils feront de leur vie : « Quand je serai grand, je serai Adrien Jannel. »







Avec Teddy Riner, Christophe Pinna ou encore les handballeurs du PSG (les frères Karabatic), les basketteurs du CSP, les nageuses comme Charlotte Bonnet,

Adjan fréquente

tous les terrains de sport.

Mais, il s'aventure également sur les plateaux de cinéma avec François Berléand ou encore dans les pas du GIGN avec l'ancien négociateur Frédéric Rogé, dans les coulisses des chaînes de télévision avec Nelson Monfort et Gérard Holtz. Liste non exhaustive.













L'entourage d'Adrien Jannel est composé d'hommes de valeur comme Christophe Pïnna ou François Berléand. Le monde du sport et celui de la culture savent vivre ensemble. Pour le plus grand bonheur des habitués des 8/9 d'Adjan, le petit-déjeuner des masterclass...

 
 
 

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