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Au menu, glace et croque-monsieur

L’ancien hockeyeur des Flammes bleues de Reims Jonathan Zwikel a brillé sur toutes les patinoires, nationales et internationales, avant de fonder Croquorico, une entreprise de croque-monsieur, challenger du hamburger.

Affirmer que les chasseurs de tête et/ou recruteurs des Relations humaines apprécient le passé sportif de leurs potentielles recrues est une évidence que n’aurait pas reniée Jacques de Chabannes, plus connu sous le nom de seigneur de La Palice. Mais, tous les sportifs n’empruntent pas ce chemin pour assurer leur après-compétition.


Le tempérament de ces jeunes gens les conduit bien souvent à se tailler une après-carrière sur mesure. C’est encore plus vrai pour ceux ayant connu le haut, voire le très haut niveau. Ils n’ont pas peur d’entreprendre. Ils osent. Ils ont la culture de la gagne. Que ce soient des titres ou des marchés.

Photo Christian LANTENOIS

L’exemple de Jonathan Zwikel est édifiant. Son passé de hockeyeur force déjà le respect. Sept fois champion de France sous les couleurs de Rouen, Reims et Amiens, sacré meilleur joueur français en 2007, cent sélections en équipe de France, dix championnats du monde et deux Jeux olympiques (Nagano et Salt Lake City) au compteur… joli tableau de chasse !


Champion de France et Bac + 5

Rapidement conscient que la discrétion du hockey sur la scène médiatique ne l’aiderait pas à se forger un futur XXL, Jonathan Zwikel a retiré ses gants, posé le casque et pris son destin en mains durant ses années rémoises. « Le sport n’était pas vraiment considéré à sa juste valeur en France, lâche-t-il. Mais, je n’ai jamais voulu faire le choix entre sport et études. J’avais besoin des deux pour mon équilibre. »


La maîtrise en Staps en 1995 ne lui a pas suffi. « Je voulais m’orienter vers le sport business », explique-t-il. Direction Troyes et l’UTT pour un Master 2 en management du sport. « Ce n’était pas surhumain, avance-t-il, mais on n’était pas nombreux à étudier. »


Ce retour sur les bancs universitaires n’a pas freiné sa carrière sportive. Avec les Flammes bleues de Reims, il remporte deux coupes Magnus (le trophée récompensant le champion de France) en 2000 et 2002. Entre deux entraînements, il rattrape ses cours. Il n’ouvre une parenthèse totalement sportive que lorsque l’équipe de France l’appelle.


Sa belle histoire n’est pas terminée. A la liquidation judiciaire du Hockey Club de Reims, il s’expatrie en Suède puis en Allemagne avant de revenir en France. A Amiens, il s’engouffre sur la passerelle qui lui permet de décrocher son Bac + 5. Mais comme on ne sait jamais, il obtient son diplôme d’entraîneur puis devient le premier agent agréé pour le hockey.


« J’ai abandonné un CDI pour un CDD »


Jonathan Zwikel est alors prêt pour affronter la vie. Après une dernière saison à Rouen, il range ses patins et ses crosses dans son armoire aux nombreux et beaux souvenirs. Une semaine après, l’un des partenaires des Dragons rouennais lui propose le poste de directeur des achats de sa société de restauration collective. « Je n’y connaissais rien. J’ai suivi une formation d’un mois. Le boulot était intéressant mais je ne voyais pas de perspectives. »


Hasard du calendrier, la Fédération qui avait obtenu l’organisation des championnats du monde avec l’Allemagne cherchait son directeur du marketing. « J’ai abandonné un CDI pour un CDD. » Mais, pas n’importe quel CDD ! La stratégie globale, la com', la billeterie, tout cela à un haut niveau ont plus que meublé son quotidien « intense, éprouvant », se souvient l’ancien n° 13 de ses années hockey. Il se pose à nouveau la question de son avenir à la fin de sa mission en 2017.



La naissance de Croquorico


« L’entreprenariat m’a toujours fasciné. J’avais depuis longtemps l’envie de me lancer dans la restauration, se souvient Jon Zwikel. Je voulais aller au bout de mon idée. »

Son idée ? « Promouvoir la France et ses régions à travers la recette mythique du croque-monsieur. » « J’avais plusieurs pistes de partenaires financiers. Surtout une. »


Comme par hasard, cette piste conduisait à l’un des sponsors de l’équipe de hockey de Marseille… entraînée en D3 par son demi-frère. Ni une, ni deux, Jon part avec sa femme et ses trois enfants (photo ci-dessous) à Marseille… « où je ne connaissais personne. » L’accord est conclu. Croquorico vient au monde et les Spartiates accueillent le DG dont ils avaient besoin.

« Le Covid a retardé mon plan de développement »


Ce deal gagnant-gagnant a permis à l’ancien centre international (bientôt 48 ans) d’être à la tête de deux enseignes Croquorico à Marseille et du restaurant du palais des sports, là où plus de 3 000 spectateurs en moyenne (vous avez bien lu, 2e affluence toutes divisions confondues) s’entassent lors de chaque soirée de hockey de D1.


« J’ai ouvert juste avant le Covid, ajoute-t-il d’une voix grave laissant supposer que cela n’était pas le meilleur moment. J’ai pris des coups mais je suis debout, je me bats. Mon plan de développement, qui prévoyait l’ouverture de franchises, a été mis à mal. Il est juste retardé. L’idée est bonne, le nombre de sollicitations le prouve. » Avis aux amateurs ou plutôt aux futurs pros du croque.


Et puis Jonathan Zwikel est un battant qui sait et aime lutter aussi bien et aussi fort dans ses restaurants qu’il le faisait le long des balustrades des patinoires. Un sportif de haut niveau a laissé la place à un chef d’entreprises de haut niveau.

 

Bon sang ne saurait mentir…


Passion quand tu nous tiens ! Tombé très tôt dans la marmite du hockey, Jonathan Zwikel n’arrive pas à en sortir. Son ami Pierre-Yves Gerbeau, un ancien joueur, qui a occupé un poste de n°2 à Disneyland, et de responsable de centre de divertissement, l’a convaincu d’intégrer sa liste au moment de l’élection pour la présidence de la fédé.


« J’ai hésité. Je connaissais la difficulté de la tâche, mon beau-père Luc Tardif ayant occupé ce poste. » Autant écrire qu’il préfère l’ombre à la lumière fédérale. « Je ne suis pas carriériste mais un mec d’instinct. Il faut savoir se remettre en question. » Et rester au contact de la glace. Ce qu’il fait dans son rôle de consultant pour Eurosport lors des grandes compétitions internationales.


Et il n’y a aucun risque qu’il oublie la base. Ses deux fils, Maurice (15 ans, défenseur, membre de la sélection nationale) et Zak (10 ans, attaquant) défendent les couleurs de Marseille. Tous deux avec le numéro 13 de papa. Bon sang ne saurait mentir…


Le supplice du croque


Gourmands, n'avalez pas les lignes qui vont suivre ! La carte de Croquorico va vous plonger dans un profond désespoir que seul un voyage à Marseille - pour l’instant - pourra soigner.


Au menu, le croque toulousain (à base de canard effiloché au zeste d’orange), le Breton (rillettes de maquereau), le Corse (figatelli), l’Alsacien (saucisse fumée, munster), le Bordelais (foie gras de canard), le Basque (chorizo) ou encore le Marseillais, le Limousin, le Provençal, le Savoyard, le Normand, le Bourguignon, le Parisien, l’Auvergnat, l’Occitan… A quand le Rémois, le Marnais ou le Champanois ?


Alors, vous craquez ? Une seule solution en attendant que les premières franchises voient le jour : programmez vite un séjour touristico-bistronomico-croquorico dans les... Bouches du Rhône ?

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