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La double vie de Cindy Castille

Née à La Rochelle, rapidement « expatriée » à Loivre, licenciée-tennis à Cormontreuil, globe-trotter sur le circuit pro, étudiante en Belgique, et maintenant orthoptiste à Saint-Brice Courcelles, Cindy Castille a mis un frein à sa soif de voyages mais pas à sa passion du tennis. Jeu, set et match.


Toute sa vie (ou presque), Cindy Castille l’a consacrée au tennis. Normal, pensez-vous, avec un père entraîneur fédéral de Champagne-Ardenne et maintenant du Grand Est ! Toute petite, Cindy suit donc son papa lors de ses pérégrinations et ne rate pas une occasion de malmener la petite balle jaune. Contre un mur ou sur sa terrasse. « Ce n’est qu’à l’âge de 7 ans que j’ai fait du vrai tennis », avoue-t-elle. Début d’un itinéraire dédié aux surfaces plus ou moins rapides.


A 19 ans, la jeune fille possédait déjà un sacré vécu ainsi qu’une autonomie « hors normes ». Exemple avec son année 2016 passée à bourlinguer d’hôtels de luxe (en Grèce) en hôtels de luxe (en Tunisie ou en Egypte), là où sont organisés des tournois WTA (Word Tennis Association). Gestion de la logistique, des budgets, des déplacements en avion, se trouver une coloc sur place (une tenniswoman avec qui partager les frais et avec qui il est conseillé de bien s’entendre) et bien sûr adopter la bonne stratégie sur le court constituaient alors son quotidien.


« T’as quel âge ? »


Cette force de caractère, Cindy l’a donc façonnée année après année, match après match, point après point. A 12 ans, quand son tennis la rendait plus vieille que son âge, elle avait fréquemment été confrontée aux mêmes questions d’adversaires malheureuses et ayant oublié les joies de l’adolescence depuis longtemps déjà : « Dis donc, t’es petite, tu joues bien. T’as quel âge ? » Car la « petite » franchit les étapes quatre à quatre.


A partir de la 6e, elle doit digérer un nouveau statut. Celui d’élève par correspondance. « J’étais au centre d’entraînement au Creps de Reims » où elle donne la priorité au tennis mais sans délaisser ses études. « Ma mère m’a beaucoup aidée. Les profs du Creps aussi. » Sa rigueur, sa discipline, sa détermination, sa volonté - appelez cela comme vous voulez – ont également joué un rôle. C’était sa façon à elle de refuser les revers (scolaires) tout en distribuant ses revers (à deux mains) sur les courts.


En terminale, deux nouveaux adversaires se dressent devant elle. Une vilaine pubalgie qui l’éloigne des courts pendant six mois et la gêne dans tous les gestes du quotidien et… le Bac.

« J’ai intégré une structure classique au lycée Saint-Michel pour mettre toutes les chances de mon côté. » Ballottée entre le CNED et l’enseignement classique, perturbée dans sa progression tennistique, Cindy sort vainqueur dans ces deux épreuves : elle obtient son Bac et retrouve le chemin des courts.


« Je ne lâche jamais »


Le temps perdu ne se rattrape jamais. Pourtant, Cindy opte pour une course-poursuite. « A 18 ans, je me suis lancée sur le circuit pro. » Au gré de ses résultats, elle grimpe jusqu’à la 980e place du classement WTA. Mais cette vie de globe-trotter ne lui fait pas oublier sa future vie professionnelle. « Je voulais devenir kiné », avoue-t-elle. Inscrite en Belgique, elle n’a pas la chance d’être tirée au sort (c’est comme ça que sont désignés les futurs étudiants quand il y a trop de demandes). « Alors, je me suis inscrite en éducation physique. »

Puis elle se lance dans des études d’orthoptie (dépistage, rééducation, réadaptation et exploration de la fonction visuelle), toujours en Belgique. Pendant trois années, Cindy bâtit son avenir et délaisse un peu le tennis, passant d’un classement à – 15 à – 4/6 « et certainement – 2/6 la saison prochaine. » Quand on a été – 15 pendant sept ans, on ne lâche pas, « et moi je ne lâche jamais », affirme-t-elle avec force.


Car, si son activité professionnelle a pris le dessus (quatre jours dans son cabinet, un jour à la polyclinique Courlancy depuis l’an dernier), Cindy continue de batailler sur les courts et de mener une double vie.


Son emploi du temps est donc bien chargé avec trois entraînements hebdomadaires et les compétitions par équipes. Car, elle est capitaine de l’équipe 2 de Cormontreuil en Nationale 2 et défend toujours les couleurs d’Embourg (près de Liège), l’la formation belge qui l’a accueillie pendant ses études. Tennis, quand tu nous tiens !

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