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Les avant-matchs de Bintou Sidibé

L’ex-journaliste de France 3 Champagne-Ardenne a intégré la chaîne nationale. Deux mondes différents mais des atouts complémentaires qui, elle l’espère, lui vaudront une participation aux Jeux olympiques de Paris en 2024.



« Hop, hop, hop ! Quelques mouvements d’échauffement avant le début du match. Vite, l’arbitre va siffler et je ne suis pas encore sur le terrain. Sur mon terrain à moi ou plutôt sur mon canapé ! Armé de la télécommande, je suis maintenant totalement prêt pour mon activité sportive du week-end.


Ma « mission » de téléspectateur lambda est simple : je m’assois, j’encourage mes favoris je conteste l’arbitrage et pourquoi pas les choix tactiques du coach.


Passons maintenant de l’autre côté de l’écran, là où nous attend Bintou Sidibé, journaliste bien connue dans la région de Reims pour avoir animé la rubrique sports de France 3 Champagne-Ardenne pendant quatre ans et demi. Sa mission à elle, c’est de nous expliquer les dessous d’un reportage.


« Il peut y avoir des surprises »

« Cela commence bien avant que l’on soit sur le lieu de la manifestation, dévoile Bintou. Déjà, il y a le choix de suivre telle ou telle compétition. » La suite, c’est la logistique. « En région, on fait tout, tout seul. »


Organiser l’éventuel déplacement à moindre coût, obtenir, si besoin, les accréditations pour soi et le JRI (journaliste reporter d’images) qui vous accompagnera, préparer la partie purement journalistique du reportage… les tâches sont variées.

Car, les journalistes TV ne se rendent pas dans un stade ou un gymnase les mains dans les poches (les autres non plus, rassurez-vous). « Si on couvre un match en direct – rare en région – , il faut avoir de quoi meubler les blancs que génèrent les temps faibles d’un match. Si on part en reportage, il faut étudier son sujet en amont. Préparer ses questions. On connaît le format, le temps du reportage, et l’angle sous lequel on va traiter le sujet. »


Mais sur place, il peut y avoir des surprises. « Parfois, la matière est si riche qu’on peut demander un peu plus de temps ou à l’inverse faire à la baisse si cela ne se justifie pas. »


Après les prises de vue, reste à finaliser. « Le rédacteur et le monteur réalisent le montage. Pour un reportage d’actu de moins de deux minutes pour le soir même, tu as peu de temps pour travailler. Cela peut aller d’une à trois heures. » Pour des sujets qui ne sont pas pour le jour même et d’un format un peu plus long (2’30 minimum), « on peut avoir la journée pour faire le montage. »


Plusieurs cordes à son arc

Un autre scénario peut se dérouler en région comme la couverture d’un événement à portée nationale mais sans représentants régionaux. Pendant son « séjour rémois », Bintou a eu à couvrir le Final4 de handball à Reims. « On ne fait pas ce qu’on veut sur ce type de rendez-vous. Il y a des droits-télé et on ne peut pas filmer en direct. »


Le diffuseur – le payeur - verrait d’un mauvais œil qu’une caméra France TV apparaisse dans le champ de ses caméras. Il faut donc se contenter des images tournées en zone mixte ou en conférence de presse.


Autre cas de figure, une manif se déroulant hors de la région mais intéressant les athlètes de sa zone comme un match de l’équipe de France de basket dans laquelle évoluent des Champenoises. « Hormis que l’on ne peut filmer que quelques secondes de match – après avoir obtenu l’autorisation -, tout est relativement facile. La Fédé nous connait, on connaît bien les joueuses. On ne gêne pas la vie du groupe… »


Basket, foot, athlé, judo, hand, etc., la vie d’un journaliste en région est riche. « C’est une bonne école, reconnaît Bintou. C’est bien de savoir tout faire. C’est beaucoup de travail mais je me suis éclatée. C’était cool. »


L’imparfait est de rigueur pour cette demoiselle plus habituée à manier le plus-que-parfait et le futur que le passé qu’il soit simple ou composé.


« Je voudrais travailler sur les JO de Paris »


Car depuis 2020, Bintou Sidibé a quitté Reims et la Champagne-Ardenne, direction Paris et « Tout le sport ». Un autre monde où les droits dirigent tout. « Il y a un service entièrement dédié. Quand on possède ces fameux droits, pas de problème. Il faut juste savoir quels moyens on mettra en œuvre (journalistes, techniciens., consultant…). C’est du ressort de la rédactrice en chef, du directeur du service des sports et des chefs de Stade 2 et Tout le sport. Quand on n’a pas les droits, la question de savoir si on se déplace ou pas sur un événement se pose. »


En tout cas, à son arrivée dans la capitale, elle s’est glissée dans la fenêtre qui s’entrouvait (suite à un départ à la retraite) sur l’athlétisme et le sport féminin pour prendre ses nouvelles marques et poser ses jalons.


Car son objectif, c’est « travailler sur les JO de Paris », avoue cette ancienne volleyeuse. « Ensuite, j’arrêterai le travail en week-end, en soirées. »


Même si elle s’est un peu éloignée du service des sports depuis le mois de septembre en devenant coordinatrice des régions (elle détermine si des sujets régionaux peuvent « remonter » au national), Bintou sait qu’elle peut être appelée ponctuellement en renfort des sports.


Car elle ne manque pas de cordes à son arc pour atteindre sa cible olympique. « Je commente et je filme. On n’est que deux sur plus de trente journalistes du service des sports à pouvoir filmer. Sur des matches de rugby, j’ai filmé les réactions des familles des joueurs par exemple. » Le genre de sujet destiné aux JT ou aux mags sportifs que le téléspectateur-supporter des premières lignes de ce papier ne voudra manquer sous aucun prétexte.



 

Un autre monde


Quand elle a pris ses fonctions au sein de France TV national (Stade 2, Tout le sport), Bintou Sidibé a dû oublier quelques réflexes régionaux. Elle qui devait s’occuper de tout à Reims a dû se contenter d’effectuer son travail de journaliste.


« Une fois qu’un reportage est validé – quelquefois, il faut se battre et convaincre nos chefs de l’intérêt de tel ou tel sujet – , la logistique est prise en charge par les assistants de la « prod » (accréditation, hôtel, billet de train ou d’avion). C’est une machine de guerre. »


Le national, c’est aussi fréquenter un autre monde, celui des droits TV. « Selon l’accès que l’on a à une compétition (droits, pas de droits), on décide des moyens que l’on mettra en œuvre. Est-ce qu’on se déplace ou récupère-t-on les images à disposition ? Est-ce que l’on assiste à la conférence de presse en streaming ? ».

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