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M. Anthony et Mr Hugot




Passionné de glace et amoureux fou de glisse, Anthony Hugot a toujours vécu à toute vitesse. Du maillot de gardien des jeunes Flammes bleues à celui, rayé noir et blanc, d'arbitre international de roller hockey, le Rémois, directeur d'une maison de quartier de sa ville natale, a toujours manié la crosse et le palet.

 

Son adolescence a été marquée par le sport. Par le hockey sur glace plus précisément. Sa vie d’homme a été rythmée par son besoin de partager et de transmettre. Aujourd’hui, il dirige l’une des maisons de quartier de Reims, la ville qui l’a vu naître il y a 52 ans. Il est aussi le responsable du pôle sport de toutes ces structures de la cité des sacres...

Et il est impliqué dans le roller hockey en tant qu’arbitre international.

 

Casque, mitaines, jambières et bouclier


Comme tous les enfants, le jeune Anthony ressentait le besoin de bouger. Naturellement, il se dirigea vers le ballon rond, ce sport élevé au rang d’institution dans sa ville natale. Mais ses qualités ne furent pas reconnues par les dirigeants de l’époque...


Refoulé par le foot, Anthony Hugot écouta alors les conseils de son grand-père et prit la direction de feue la patinoire Bocquaine. « La glace, ça me plaisait bien mais je ne perçais pas », se souvient-il. Fin de l’histoire ? Pas du tout. Le jeune homme est tenace et décide d’abandonner... les grands espaces réservés aux joueurs de champ pour investir dans un tout petit trois mètres carrés. Devant la cage (1,80 m x 1,20 m, oui je sais, cela fait 2,16 mètres carrés) et la zone en arc de cercle tracée devant, il sera désormais chargé de repousser les assauts adverses.

 

Bien protégé derrière son casque, ses mitaines, ses jambières et son bouclier, Anthony, élève assidu de sport-études, se glisse dans la tenue du dernier rempart des Flammes bleues de Reims jusqu’aux juniors Elite.

 

Jusqu’à son départ à l’armée en 1992, il côtoie les Bruno Maynard, David Ribanelli et Cie qui allaient rapidement s’illustrer sur les patinoires de Ligue Magnus (l’Elite française du hockey sur glace) ou encore les Julien Dormoy, Stéphane Mortas (le frère du futur international puis entraîneur Anthony). Son passage sous les drapeaux stoppe sa carrière de hockeyeur.

 

Comme le monde est petit !

 

Mais, la passion est toujours là, solidement ancrée au plus profond de son corps. En 1999, il ne peut résister à l’appel lancé par « les Européens » du roller hockey pour venir les entraîner. Et même si les patins ne sont plus ceux qu’il avait connus (les lames étant remplacées par des roulettes), il se lance dans l’aventure du roller hockey. Les Européens glissent rapidement de l’Ufolep vers les championnats fédéraux et se muent en Bul Dog’s.

 

Un nouveau coup de carres modifie sa trajectoire et le dirige vers la Réunion où il prend en main la direction de SD2R (Saint-Denis Run Roller). Vous le savez, La Réunion accueille de nombreux touristes ! Parmi ces explorateurs des trésors de l’île intense, se trouve un vacancier bien connu dans le milieu du roller hockey, Didier Lefèbvre, le président des Diables de Rethel, le club phare de la discipline. Le monde est petit...

 

L’Ardennais n’a pas besoin de développer de nombreux arguments pour décider Anthony à quitter le paradis de l’océan indien et le club avec lequel il vient de réaliser un grand chelem. « Si tu veux, j’ai une place d’entraîneur pour toi à Rethel. »


Le chant de la sirène ardennaise - « Adieu Piton de la Fournaise, adieu Saint-Denis » - plonge donc Anthony dans une courte réflexion. Le challenge est de taille mais ô combien excitant !

 

Le virus du palet

 

Le voilà entraîneur des équipes Jeunesse (qui vont fréquenter régulièrement les podiums de leurs catégories), adjoint du coach Elite (avec quelques campagnes européennes en prime) et coach de la Nationale 3 (championne de France) des Diables de Rethel.


Parallèlement à ces bons résultats, Anthony Hugot entame une formation d’arbitre en 2007, gravit les échelons, siffle bientôt en Elite. Mais, son avenir professionnel le rattrape et le conduit à démissionner de Rethel... et du roller. « J’ai intégré les maisons de quartier de Reims en 2010 », souligne-t-il. Après Jean-Jaurès, Wilson, Maison-Blanche, il s'apprête à porter la bonne parole (sportive mais pas que) à La Neuvillette.

 

Son histoire avec les crosses et les palets n’est pourtant pas terminée. Eh oui, la contagion guette son fils ! Pierre finit par attraper le même virus que son père et commence à patiner dans les compétitions minimes.


Une fierté et une reconnaissance 


Deux ans après avoir fait ses adieux à Rethel, Anthony rechute donc et rechausse les patins en tant qu’entraîneur des minimes du RHR. La machine est relancée, les résultats suivent (3e en minimes, 3e en N3, accession en N2...) et bientôt une parenthèse féminine (sélection du Grand Est, création d’une équipe à Reims, montée en N1) viennent remplir un emploi du temps déjà bien chargé.

 

L’arbitrage est toujours d’actualité et phagocyte ses week-ends. En voiture, en train ou en avion, Anthony Hugot visite la France du Roller. De Bordeaux à Villeneuve d’Ascq en passant par Anglet, Vierzon, Angers, Caen, Grenoble, Ris-Orangis, Epernay et Rethel), il bouffe du kilomètre, jusqu'à 9 000 par saison.

 

Mais, la récompense est là. « J‘ai eu la fierté d’être désigné plusieurs fois pour arbitrer les finales de Coupe de France à la Halle Carpentier, confie-t-il. Une fierté et une reconnaissance. » Cette reconnaissance l’a amené à intégrer, en tant qu’arbitre, les « Sacos », un rassemblement d’anciens joueurs pros qui forment les équipes de France vétérans (Masters, moins de 38 ans, champions du monde en titre ; Vétérans moins de 45 ans et Légendes au-dessus de 50 ans, médaillés de bronze).

 

« L'adrénaline, c'est tellement bon ! »


Avec ces fameux Sacos, entraînés par William Richard, un ancien de la glace et des Flammes bleues, il s’apprête à diriger ses troisièmes championnats du monde. Après l’Italie (deux fois), il se rendra en Espagne à Jaca pour faire respecter les lois du roller et, qui sait, découvrir les joyaux de la cité des Pyrénées aragonaises : la citadelle, la cathédrale et le château San Pedro, le monastère San Juan.


Sur ce dernier aspect, Anthony Hugot ne se fait guère d'illusions. « Nous avons rarement le temps de visiter les lieux sur lesquels nous sommes désignés sauf peut-être les compétions internationales et encore... »


Car, on ne rigole pas avec l'arbitrage. « Durant ma carrière de gardien ou d'entraîneur, j'ai souvent critiqué ce poste sans réellement le comprendre dans sa globalité donc j'ai voulu m'y confronter. » Alors, que vous apporte l'arbitrage ? « Déjà, cela me permet de  pouvoir être encore sur le terrain mais d'une autre façon. Il ne faut pas oublier que nous partageons la même passion que les joueurs. »


S'il se nourrit de cette passion, il l'alimente également. « Mon rôle est de faire respecter les consignes de jeu afin que les joueurs s'épanouissent. »  Et comme tous les amoureux d'une discipline, Mister Hugot, l'arbitre, et Monsieur Hugot, le directeur de maison de quartier, n'envisagent pas l'avenir autrement qu'en progressant.


« J'essaie d'aller toujours plus haut que ce soit avec des équipes jeunesse, en Elite, en coupe d'Europe, en championnat du monde ou en World Games. Comme les joueurs. J'ai la chance de pouvoir encore être compétitif, reconnaît-il. Et puis, le stress et l'adrénaline d'avant compétition, c'est tellement bon... »



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